Comment nous sommes-nous levés quand il n’y avait pas de réveil ?

Et ce doute a sa logique puisque le réveil est une invention que l’on pourrait qualifier de création récente (à peine trois siècles). Mais avant de répondre à cette question, nous devons nous pencher sur l’évolution des différents gadgets et systèmes de mesure du temps qui ont été utilisés depuis l’Antiquité, car la vérité est que la mesure du temps a toujours intéressé les êtres humains.

En effet, en plongeant un peu dans l’histoire des inventions réalisées à des époques et des lieux différents, on trouve des preuves de mécanismes destinés à diviser ou à introduire des discontinuités dans le flux du devenir : la clepsydre, d’origine mésopotamienne, était capable de délimiter des fractions de temps, en fonction du temps nécessaire pour qu’une quantité d’eau passe d’un récipient à un autre de dimensions égales ; le cadran solaire égyptien, lié en principe à des fonctions sacerdotales ; l’oiseau mécanique inventé par les Grecs (250 a.C.), qui sonnait, avertissant de la montée des eaux ; les clochers des églises communales qui sonnaient, à l’aube du mercantilisme (XIIe siècle), au rythme des activités des marchands et des artisans ; le sablier utilisé pour établir la durée des messes (XVIe siècle), ou la corne utilisée par les gardiens pour réveiller les ouvriers des ateliers des districts textiles anglais (XVIe siècle).

Si l’on y réfléchit bien, la fonction de ces horloges primitives ne diffère pas beaucoup de celle de l’horloge actuelle qui irait au-delà de la mesure du temps : organiser la vie quotidienne et être une autre forme d’organisation sociale (n’oublions pas que le temps est une invention humaine). En plus d’être une perception culturelle, ou n’avez-vous pas pensé que la discipline de fer à laquelle la trotteuse de notre montre nous soumet est complètement différente de celle que nous vivons dans une autre partie de la planète ?

Les changements technologiques et l’industrialisation progressive qui nous ont amenés à l’ère moderne ont exigé une quantification exhaustive de la durée des tâches : combien de temps un travailleur mettait-il pour effectuer un ensemble de courses, combien de temps une matière première prenait-elle pour arriver à destination… En bref, c’est une question d’économie et de productivité. En même temps, la vie professionnelle ordonne la vie personnelle et l’utilisation d’un instrument qui marque exactement les tâches quotidiennes et marque l’ordre de la routine.

En tout cas, la question que nous nous sommes tous posée à un moment de notre vie sur la façon dont les gens se levaient quand il n’y avait pas de réveil n’a pas de réponse qui puisse être résumée en quelques phrases. On peut pressentir que cette question est posée depuis le prisme de la société actuelle, celle qui a irrémédiablement intégré l’heure et le contrôle du temps dans sa réalité. Nous pourrions citer tous les outils qui ont été relatés au début de l’article : rappelez-vous, les oiseaux mécaniques, les cornes, les réveils, ou les phénomènes naturels qui ont également servi de référence (les coqs, la lumière du soleil, la rotation des étoiles… etc.) Cependant, ces objets et indications ne disent rien en eux-mêmes sur leurs utilisations, ni sur le contexte dans lequel ils ont été utilisés.

Ce qui est clair, c’est que si le matelas central de la littérature avait été inventé avant le réveil, se lever tôt le matin n’aurait pas été une préoccupation pour l’humanité ;).

Source : Comment les gens se sont-ils réveillés quand il n’y avait pas de réveil ? Adela Franzé Mundanó pour le portail El País. À l’adresse suivante : http://elpais.com/elpais/2016/01/05/ciencia/1452008025_038284.html 11/01/2016

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